Nicolas Sarkozy veut faire de la France une nation bilingue
« Le président de la République m'a donné comme mission de faire de la France une nation bilingue », a déclaré Xavier Darcos, ministre de l'éducation nationale, à la presse lors d'une visite de l'école primaire Willy Brandt à Elancourt (Yvelines).
« Cette ambition implique de grands moyens », a-t-il ajouté. « Je prends donc l'engagement de lancer sur mille sites et d'ici la rentrée 2008 (un) dispositif de visioconférence pour soutenir l'enseignement précoce de l'anglais »
Vous avez bien lu. 1 000 établissements scolaires sont concernés, pour lesquels l'Etat fournira les moyens budgétaires nécessaires. Tableaux interactifs (« un outil pédagogique extraordinaire, tonique et innovant »), et visio-conférences seront utilisés pour cette nouvelle ambition qui profitera surtout... aux opérateurs téléphoniques et aux vendeurs de matériels informtiques.
Pour ce que les futurs élèves en retiendront, restons circonspect ! Tous les linguistes s'accordent à dire que le bilinguisme nécessite un apprentissage précoce (avant 5 ans) d'une seconde langue. Seconde langue avec laquelle des liens affectifs peuvent se construire dès le plus jeune âge. Ce n'est pas le cas de cette ambition darko-sarkozienne !
Les moyens que l'Etat s'apprête à mettre dans ce projet seront, une nouvelle fois, dépensés en pure perte. Ils sont à comparer aux restrictions imposées dans nos écoles, notamment en Bretagne où la scolarisation des enfants de deux ans est mise à mal, et où les refus d'ouverture de nouvelles clases bilingues français-breton sont sans précédent.
Oui à l'enseignement bilingue français-breton
A Vitré, l'inspecteur d'académie a refusé l'ouverture d'une classe bilingue publique en invitant les parents à scolariser leurs enfants, dès la maternelle, à Rennes ! En cette rentrée, 24 enfants attendent toujours l'ouverture d'une classe bilingue à Guichen (35). De même à Ploeren (56) où malgré 16 enfants inscrits, l'inspecteur d'académie, Philippe Couturaud, refuse d'ouvrir. De même à Lorient-Merville où le nombre d'enfants bilingues passe cette année de 38 à 25, l'Inspecteur ayant fermé une classe bilingue en maternelle alors que 16 enfants supplémentaires sont demandeurs.
A Plouay, les classes bilingues sont surchargées sans création de nouveau poste. A Guidel, une enseignante bilingue va être remplacée par une enseignante monolingue. A Cavan (22), l'inspecteur d'académie refuse la création d'un nouveau poste alors que 42 enfants sont inscrits en maternelle bilingue.
Hier, Xavier Darcos concluait sa conférence de presse en invitant « les collectivités locales à travailler avec les rectorats ». Pour notre part, « nous invitons le rectorat à travailler avec les collectivités locales » pour ouvrir, dans les meilleurs délais et conformément aux propres circulaires de l'éducation nationale, des classes bilingues français-breton dans toutes les écoles de Bretagne où une demande parentale existe. Y compris en Loire-Atlantique.

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