Mall-Breizh

Attentat de Quévert

Attentat de Quévert le 19 avril 2000

Contre Enquête


Le 19 avril 2000, pour la première fois en Bretagne, une bombe faisait une victime hors de rangs de l'ARB ou du FLB . Une autre bombe, découverte à Rennes, n'a pas explosée, pour les mêmes raisons, c'est à dire un défaut du système d'allumage .
Laurence Turbec, employée dans le Mc Donald de Quévert, à la sortie de Dinan, est morte vers 10 heures du matin, tuée par un engin explosif, posé contre une porte.

Cet attentat fut tout de suite attribué à l'ARB . La Bretagne entière s'est dite écœurée par ce meurtre, et a immédiatement accepté la version des faits présentée par la police.

Ne voulant pas hurler avec les loups, et ayant constaté beaucoup d'invraisemblances, j'ai décidé d'analyser les faits disponibles à travers la presse locale, la configuration du Mc Donald, et l'incroyable imbroglio qui a suivi ce meurtre.

Ancien militant de la cause bretonne, j'ai eu l'occasion de manipuler des explosifs et de participer à des attentats à la bombe. Ce qui signifie que je sais de quoi je parle dans cette matière.
Je vais essayer d'être objectif, mais je ne le serai probablement pas.
La police française est-elle objective quand elle attribue immédiatement l'attentat à l'ARB ?
Ceci compense cela.

 

D'abord, je tiens à rappeler le climat ambiant à ce moment. Nous sommes en pleine affaire des Paillotes Corses, où les officiers de Gendarmerie (dont un colonel) se sont fait prendre pour avoir incendié une paillote (petit restaurant sur plage) sous les ordres du Préfet remplaçant son prédécesseur assassiné dans des conditions relativement mystérieuses.
Les mises en examen d'hommes politiques se succèdent pour divers types de fraudes ou de détournements de fonds publics.
La France refuse systématiquement de signer les conventions internationales concernant les Langues Régionales et tout ce qui concerne les peuples minoritaires. Au Conseil de l' Europe, elle est la seule, avec la Turquie à partager cette vision de la démocratie.

Depuis deux ans, environ, une forte campagne, probablement, orchestrée et financièrement soutenue, attaque le « Mouvement Breton » que nous appelons l' Emsav.
- Un hebdomadaire appelé le Homard Breton, apparaît dans les kiosques. Ce journal est bien documenté et attaque les organisations politiques bretonnes, essayant de les ridiculiser. Ce journal appartenait à une société dont le nom est composé de 3 initiales comme ceci : D.M.C. (je n'ai pas retenu les véritables initiales, car le homard a échoué dans ma poubelle avant la fin de sa lecture). Cette société était domiciliée à Paris et le journal imprimé en Haute Savoie. Il n'est paru que quelques semaines.
- Une campagne de dénigrement de Roparz Hemon (linguiste Breton, père du Breton moderne) est menée par quelques militants culturels et de soi-disant historiens, tentant de diaboliser Roparz Hemon en le qualifiant de nazi se basant sur des faits et documents connus de longue date. Roparz Hemon est utilisé pour attaquer le mouvement culturel breton ayant des sympathies « autonomistes ».
- Une vigoureuse campagne est menée contre la signature par la France de la Charte Européenne des Langues Régionales. Cette campagne, au nom de l'égalité des citoyens français, est orchestrée par les Libres Penseurs et le Réseau Voltaire . Des meetings sont tenus dans les villes Bretonnes. Une manifestation est organisée en décembre à Paris. Leur agressivité s'est ensuite tournée contre Roparz Hemon en faisant pression pour débaptiser le Collège Diwan du Releq-Kerhuon et le centre culturel de Guingamp.


L'ambiance est donc tendue en Bretagne, plusieurs attentats sont perpétrés contre des perceptions et d'autres symboles de l'état français un peu partout. Certains sont réussis, d'autres non.
La mairie de Belfort, dont le Maire est Jean Pierre Chevênement, ex Ministre de L'Intérieur, est plastiquée causant beaucoup de dégâts.
La perception de Cintegabelle, fief électoral du Premier Ministre, Lionel Jospin, connaît le même sort.
Un commando attaque une société de dynamite appelée Titanite, et vole environ 8 tonnes d'explosif . Plusieurs Militants Basques et Bretons sont arrêtés et emprisonnés. On ne saura jamais exactement ce qui a été récupéré la Police.
Parmi les Bretons arrêtés, plusieurs sont membres du parti Indépendantiste Emgann.
L'amalgame est tout de suite fait et le Ministre de L'intérieur annonce froidement que Emgann et l'ARB ne sont qu'une seule organisation. La presse qualifie Emgann de vitrine légale de l'ARB.


Et le 19 avril 2000, un attentat a eu lieu dans la matinée, tuant une jeune femme de 28 ans.
Selon la police, cette bombe aurait dû exploser plus tôt, mais le système de mise à feu n'as pas fonctionné, et aurait été rétabli par la porte que la victime aurait poussée .

La Bretagne est assommée immédiatement. Et tout particulièrement le Mouvement Breton. Au début, tout le monde attribue l'attentat à l'ARB. Les nombreux attentats échoués incitent fortement à y penser .
Et pourtant, ça ne pouvait pas arriver. La règle principale des militants du FLB, quelques années plus tôt, était de ne jamais faire couler le sang. Deux militants avaient sacrifiés leur vie pour épargner celles des autres.
Une série de mesures de simple routine (et de simple bon sens) permettaient de vérifier si tout fonctionnait bien, si la minuterie fonctionnait, si le circuit électrique fonctionnait bien.
De nombreux repérages avaient lieu avant, pour bien déterminer les risques, et les militants devaient rester à proximité du lieu attendant l'explosion. Si elle ne se produisait pas, ils avaient la consigne d'appeler les pompiers, ou la police, immédiatement. Mais toutes les bombes ont explosé comme prévu, sans la moindre victime extérieure.

La haine qui couvait à l'intérieur du Mouvement Breton, soigneusement entretenue par les Jacobins, s'est déchaînée. Contre l'ARB, contre Emgann, contre tout ce qui était indépendantiste, voire même « autonomiste », Les médias parisiens s'en donnaient à cœur joie. Les hebdomadaires, mélangeant tout, assimilaient Emgann (très à gauche) a un parti néo-nazi.
Les premiers charognards sont apparus dès le lendemain. Un élu du PS, bien connu pour ses positions ultra Jacobines constitue un petit groupe dont font partie YF Kemener et Michel Le Bris. Il arborent un pins représentant une Bretagne à 4 départements et publient un communiqué affirmant entre autres que « la Bretagne c'est la France ».
Un manifestation silencieuse est organisée à Rennes à l'appel du conseil culturel de Bretagne et d'Alan Stivell, condamnant la violence et demandant un châtiment pour les auteurs « quels qu'ils soient ».
Les élus UDB affirment devant les caméras de télévision qu'ils sont « français ».
Les transfuges de l' UDB, passés au PS, sont encore plus haineux .

Mais il y a beaucoup d'incohérences dans cet attentat. Et certaines voix constatant que les responsables n'ont pas été arrêtés immédiatement, contrairement aux habitudes de la Police, s'étonnent et envisagent une possible manipulation. Et la question de base se pose :

A qui profite le crime ?

Pas à la Bretagne, c'est clair. Encore moins à la mouvance séparatiste. Par contre, en pleine opération de désinformation (voir plus haut), c'est une réussite totale. Ça aurait été voulu, ça n'aurait pas pu mieux réussir.

Toutes les erreurs ont été commises. Bombe posée sur la partie en « dur » du Mc Do et non sur la partie en verre, minuterie défaillante, système électrique non vérifié, personne ne prévient les pompiers ou la police que la bombe n'a pas explosée etc…, il ne manque que la panne d'essence pour le retour.
Ça fait beaucoup. Beaucoup trop.

Et pas de nouvelles de L'ARB. Pas de communiqué, rien.

Les « coups tordus » de la DST dans le livre : « DST police secrète » de Pascal Krop et de Roger Faligot sortis quelques mois plus tôt, démontrent qu'un coup fourré n'as rien d'impossible grâce à la manipulation du responsable d'un réseau FLB, lors du plasticage de la villa de Francis Bouygue au début des années 70.

Et nous sommes en pleine affaire des Paillotes Corses, avec un Préfet en prison, Des officiers supérieurs emprisonnés et inculpés pour incendie volontaire.

L'ARB reste curieusement muette. La Police Judiciaire et la DNAT procédent à de nombreuses arrestations, dont plusieurs membres d'Emgann. Certains sont relâchés après quelques jours de garde à vue ou de prisons.

Dimanche 30 Avril, Karl Zéro annonce qu'il détient le communiqué de l'ARB, et fait apparaître un journaliste de l'Agence Kapa. Il a bien fréquenté le milieu « autonomiste » et déclare avoir reçu dans sa boîte à lettre, une disquette contenant le communiqué de l' ARB.

Dans celui-ci, l'ARB revendique un attentat contre une perception à Argentré du Plessix et une tentative contre le Mc Donald de Pornic, affirmant que «le matériel a disparu, la DST est en Bretagne ».

Pas glorieux, mais compréhensible.

On aurait pu s'en tenir là. Personne n'aurait cru au communiqué de l'ARB (dont une version légèrement différente fut publiée par le Journal du Dimanche), et l'opinion publique aurait entériné cette version.

Mais, les journaliste de FR3 foncent à Pornic et interviewent le Directeur du Mc Do, qui tout étonné, affirme devant des milliers de téléspectateurs « qu'il ne s'est rien passé ce jour là, ni plus tard » Pas d'attentat, ni de dépôt de plainte .
On aurait pu s'en tenir là, encore une fois.

Mais le mardi suivant, une descente éclair du SRPJ à Pornic en début d'après-midi, remet tout en question.
Le Mc Do est vidé, tout est bâché, et la Police donne une version diamétralement opposée à celle du Gérant.
Il y a bien eu un attentat dans la nuit du 13 au 14 avril. (et nous sommes le 2 Mai).

Sacré rebondissement ! Il y a eu un attentat et le directeur du Mc Do ne s'en est pas aperçu !

A trop vouloir prouver, on démontre le contraire. Aucun média ne l'avait mentionné. Le directeur a affirmé qu'il ne s'était aperçu de rien devant des millions de téléspectateurs

Pourquoi ce déploiement d'énergie ? La police crée la trace d'un attentat, pour contrer le communiqué de l'ARB.
Et pourquoi contrer ce communiqué ? Pour attribuer l'attentat de Quévert à l'ARB ?
C'était déjà fait.
Ou serait-ce pour couvrir quelque chose ou quelqu'un ? L'ARB annonce dans son communiqué que « le matériel a disparu ».
Pourquoi ne pas se contenter de nier purement et simplement ce que dit l'ARB ?

N'oublions pas que nous sommes en pleine affaire des Paillotes Corses, et en pleine campagne de désinformation. La tendance anti Roparz Hemon de l'Emsav, très probablement manipulée par les services secrets français, attaque sans relâche tout ce qui est Breton. La situation est extrêmement tendue, d'autant plus que plusieurs services de police ou apparentés travaillent ensemble. Et chacun sait que ce n'est pas le grand amour entre eux.

La police communique les détails :
 un attentat de faible puissance a effectivement eu lieu, à Pornic cette nuit là.
 Le lendemain, une employée signale au directeur (celui qui n'a rien remarqué) une vitre brisée et une enseigne extérieur tordue .
 Celui-ci (qui n'a toujours rien remarqué) appelle le gérant franchisé qui téléphone à la gendarmerie. Il signale un acte de vandalisme « pas plus important que les autres », mais porte plainte.
 Les gendarmes ne se déplacent pas, prennent la déposition par téléphone et transmettent le dossier à « l'autorité judiciaire » le 25 avril.
 Le Mardi 2 Mai, le commandant de gendarmerie rentre de vacances à 11 heures 30 ( ? !). Il signale au Parquet de Saint-Nazaire, la déposition du gérant Franchisé du 14 avril.

Questions.
1. L'attentat du Mc Do de Pornic a-t-il réellement existé ? Une vitre Brisée et une antenne tordue, me semblent assez insignifiant pour un attentat à la bombe.
2. Pourquoi le Directeur qui a dit aux journalistes n'avoir rien remarqué, ni avoir connaissance du dépôt d'une plainte, change-t-il d'avis après la descente de police du 2 mai ?
3. A quelle autorité judiciaire les gendarmes ont-ils adressés leur dossier ?
4. Un commandant de Gendarmerie qui rentre de vacances comme par hasard le jour de la descente du SRPJ et de la DNAT, à 11 h 30 ?
5. Il rentre de vacances et signale la déposition du Gérant réalisée le 14 et, théoriquement, expédiée à l' « autorité judiciaire » le 25 avril. Il l'aurait trouvé traînant sur un bureau. ( ! !)

Mais ce n'est pas tout. La police découvre le « cratère » dû à l'explosion. un magnifique ovale bien proprement découpé en plein milieu d'une dalle pavant l'accès à la porte principale, visible sur toutes les chaînes de télévisions. Ce cratère est trop beau et trop propre pour avoir été causé par une explosion.

Nous apprenons par Ouest France que les gendarmes n'avaient pu voir le cratère de 24 cm x 20 cm et profond de 5 cm, ni les débris de minuterie trouvés sous le paillasson par la DNAT, puisqu'ils ne s'étaient pas déplacés. (mais, avaient-ils été prévenus ? )

Le directeur, lui, n'a rien vu. Il n'a pas vu son magnifique cratère en plein sur son dallage.

Un article dans Ouest France du 4 mai 2000 pose la question : « l'attentat de Pornic met la justice et la police au pied du mur : la surveillance établie apporte –t-elle des éléments nouveaux ? »

Visiblement, non. Des arrestations ont lieu, mais personne n'avoue sa participation à l'attentat de Quévert et aucune preuve n'est avancée. Les arrestations sont étranges. On arrête un membre d'Emgann, et sa femme, ou son cousin , ou le voisin d'en face. Certains policiers sont très corrects, d'autres beaucoup moins. La plupart des militants est relâchée.

Un témoin, ayant passé 48 heures de garde à vue , questionné sans arrêt , les mains menottées dans le dos, n'est pas interrogé sur l' Attentat de Quévert. Ils demande à OPJ qui l'interroge sur des banalités : « Il semble qu'il y ait eu quelque chose de pas clair à Quévert ».

L'OPJ lui dit : « Ouvéa, c'était les gendarmes, donc l'armée, le Rainbow Warrior c'était la DGSE, donc l'armée, les irlandais de Vincennes, c'était les Gendarmes, donc l'armée, les paillotes c'est les gendarmes, donc l'armée, nous sommes des officiers de polices assermentés. La DST aussi, alors ferme ta g… »

Etonnante déclaration. On voudrait nous indiquer une piste qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Ce qui est aussi étonnant c'est que personne n'ait été arrêté et inculpé de cet homicide, alors que chacun se doute que les mouvements extrémistes sont sinon infiltrés, au moins extrêmement surveillés.

L'un d'eux reconnaît: «Nous n'avons pour l'heure aucune preuve matérielle sur l'identité du ou des poseurs de bombe de Pornic et Quévert. Juste des soupçons.»

Et une question : où sont les centaines de kilos d'explosifs volés à Plévin ?

Jeudi 4 mai, un article dans Ouest France mets les pieds dans le plat.
« L'affaire dans l'affaire »
les gendarmes qui ne se sont pas rendus sur les lieux font l'objet d'une enquête de commandement pour faute de comportement. (enquête interne).
Le procureur de St Nazaire affirme, toujours dans Ouest-France que les dysfonctionnements internes de la gendarmerie de Pornic ne sont pas de nature à entraîner des poursuites.

Le Télégramme du 3 Mai cite les propos d'un juge parisien :
« les gendarmes n'ont pas fait d'emblée le rapprochement avec une action éventuelle de l'ARB et ne se sont pas déplacés sur les lieux. Même si les charges utilisées étaient de 1 kg à 1.5 kg, il est incroyable que les gendarmes n'aient pas remarqués qu'il s'agissait d'un attentat »

Ce juge semble très bien renseigné, personne n'a mentionné la charge « utilisée » à Pornic.
Alors petit attentat ou gros attentat. 1 kg de dynamite ça fait de gros dégâts. Or nous n'avons qu'une vitre cassée (plus exactement, fendue) et une enseigne tordue.

Et pour couronner le tout un article de Albert Coudurier en dernière page du Télégramme du 3 mai :
« Amateurisme et quiproquos
« Des gendarmes qui oublient d'aller sur les lieux d'un attentat avorté, leur ayant été signalé comme un acte de vandalisme, tout en rédigeant un PV indiquant le contraire…… »
D'où Monsieur Coudurier tire-t-il ses infos ? Ce PV indiquerait qu'il s'agissait d'un attentat ?

Qu'est ce qu' un attentat avorté qui a eu lieu, mais que personne n'a remarqué, de faible puissance, mais ayant utilisé 1 Kg ou 1.5 Kg d'explosif sans déranger le directeur du Mc Do, qui n'a rien vu mais a prévenu son patron, qui a porté plainte auprès des gendarmes, qui ont pris sa déposition par téléphone pour acte de vandalisme, mais qui rédigent un PV sur un attentat……..

C'est grotesque. Au bout de quelques semaines, rideau. Quelques arrestations pour la forme, et on ne parle plus de l'enquête.


Petit résumé pour garder les idées claires :

Bretagne, Printemps 2000.
Ambiance tendue au niveau politique et culturel, manipulation et désinformation avec à la base, des universitaires aigris (et un peu dérangés), une thèse d'un certain Le Calvez qui vise un poste à la fac de Brest tenue par les bretons anti-bretons. Ceux qui vivent de la langue Bretonne mais qui sont résolument anti autonomistes et de tendance communiste.
Attentats réussis ou ratés revendiqués ou non par l'ARB.
Attentat de Quévert, première victime « civile ».
Communiqué ARB revendiquant une tentative au Mc Do de Pornic, et annonçant que « le matériel à disparu, la DST est en Bretagne ».
Le directeur du Mc Do de Pornic affirme devant les télés et la presse écrite qu'il ne s'est rien passé et qu'il n'est pas au courant de l'existence d'une quelconque plainte.
Descente de police à Pornic.
Changement d'orientation. Un attentat a eu lieu, mais il était tellement petit que personne n'y a pensé et que les gendarmes ne se sont pas déplacés. Enquête interne.
Invraisemblances sur invraisemblances :
Attentat oui ou non ?
Important oui ou non ?
Dégâts importants oui ou non ?

 

Analyse des photos.
La réalité d'un attentat à Pornic semble de plus en plus invraisemblable.
Tous ces faits (ou non-faits) et déclarations contradictoires, nous redirigent vers la seule réalité concrète qu'on puisse avoir, c'est l'analyse des photos parues dans la presse.

Concernant Pornic, le Télégramme du 3 mai publie la photo du Mc Do et montre 3 grandes vitres remplacées par du contreplaqué dans l'entrée principale, alors que jusque là, aussi bien à la télévision et dans les autres photos, ces vitres étaient intactes.

 

Pornic : les trois vitres du fond sont remplacées par du contreplaqué alors que toutes les autres sont intactes. Cette photo a été prise après l'interview du gérant qui n'a rien vu, et après les « conclusions » de la police.


Clôturons le mauvais feuilleton de Pornic et revenons à Quévert.

Là, malheureusement c'est plus simple. L'attentat ne fait pas de doute. Selon la presse locale il y avait quelques clients et les deux sœurs Turbec. Elles étaient à l'intérieur du Mc Do, Laurence près de la guérite, et sa sœur dans la salle de Restaurant.
Laurence Turbec aurait heurté la bombe en ouvrant la porte, rétablissant le contact.


A l'examen de la photo parue dans le journal du 20 avril, on constate plusieurs choses.
- la guérite est un petit sas d'entrée en métal et en vitre donnant sur deux portes accolées. Seule la porte de droite, la plus proche du Mc Drive est entièrement soufflée. La partie gauche de la Guérite est presque intacte (sauf les vitres).

- Les dégats du toit et la porte du Mc Do sont parfaitement alignés, démontrant que le souffle était dirigé sur la porte.


Les journaux qui reprennent la version de la police sont unanimes, Laurence Turbec, était à l'intérieur, et, en poussant la porte a ré-enclanché le dispositif de mise à feu.
Donc, Laurence Turbec aurait dut être projetée en arrière, dans le Mc Do.

Alors pourquoi a-t-on retrouvé son corps plusieurs dizaines de mètres « DE L'AUTRE COTÉ DE LA BOMBE » dans le petit jardin (ou verger) qui se trouve juste en face ?

C'est incompréhensible, car le souffle ne pouvait que la projeter au fond du Mc Do.
La seule explication réaliste, c'est qu'elle se trouvait à l'extérieur du Mc Do, juste devant la bombe et non pas à l'intérieur.
N'importe quel enquêteur l'aurait immédiatement déduit.
Alors pourquoi s'accrocher à cette version : elle est à l'intérieur, elle veut sortir, bouscule la bombe, rétablit le contact, et se retrouve dehors.
Ça ne tient pas. La bombe n'a pas été déviée, sinon les dégâts ne seraient pas alignés si parfaitement. Et Laurence Turbec ne pouvait se trouver qu'à l'extérieur, juste de l'autre côté de la bombe. N'oublions pas que, à gauche se trouve la route avec un rond point, et à droite le parking du supermarché. Pour arriver dans le petit jardin (ou verger) il était indispensable qu'elle se soit trouvée juste dans l'axe du souffle, mais de l'autre côté.

---***---
Pourquoi avoir « fabriqué » l'attentat de Pornic (et avec quelle maladresse) ?
Si c'est pour démentir les accusations de l' ARB, c'est non seulement inutile (personne n'y aurait cru) mais c'est ridicule.
Donc, si on cherche à bien accuser l'ARB en utilisant Pornic pour Quévert, C'est qu'à Quévert, ce n'est pas l' ARB qui a opéré.

Alors qui ?

Lors d'une altercation, entre militants d' Emgann et les fascistes d' ADSAV, au Festival Interceltique de Lorient, un fasciste d'ADSAV dit à un témoin,
« vous vous êtes bien fait avoir à Quévert ».

Cet attentat, en pleine opération de désinformation en Bretagne, est-il, directement ou indirectement, l'œuvre des services secrets français ?
Si oui, cet attentat devait il être un parmi tant d'autres (faisant 5 lignes dans la presse locale) ?
Ou fallait-il une victime pour achever la grande offensive anti-bretonne ?

X M


décembre 2000


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Extrait du site BREIZH DIEUB



Article ajouté le 2007-11-01 , consulté 131 fois

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